DE ROUILLE ET D’OS en VOS (MES DEL CINEMA FRANCÈS) · Dijous 17 d’ocutbre a les 20h i 22h30

Dijous 17 d’octubre a les 20h i 22h30 (entrée gratuite pour les Amis de l’Alliance Française) als Cinemas Imperial (Plaça Imperial, 4 – Sabadell)

De rouille et d’os (De óxido y hueso, 2012) de Jacques Audiard

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Amb : Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Armand Verdure

Sinopsi: De sobte, Alí ha de fer-se càrrec del seu fill Sam, un nen de cinc anys a qui amb prou feines coneix. Ja que no té casa, ni diners, ni amics, es refugia a Antíbol, a casa de la seva germana.

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Critica: Nueva demostración de la potencia de Jacques Audiard tras las cámaras. Drama, romance, thriller y retrato social conviven en una fantástica propuesta coronada por las interpretaciones de unos grandes Matthias Schoenaerts y Marion Cotillard.

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Ali (Matthias Schoenaerts) se busca la vida para salir adelante con su hijo, Sam (Armand Verduse). Trabajando como portero en una discoteca conoce casualmente a Stephanie (Marion Cotillard), una bióloga marina. Las circunstancias les unirán más de lo que jamás habrían imaginado. Jacques Audiard lanza otro puñetazo al ánimo del espectador con esta fantástica “De óxido y hueso”, adaptación de la novela “De rouille et d’os”, de Craig Davidson, que queda como nueva demostración de la maestría del cineasta a la hora de disponer y presentar las historias que quiere contar, siempre emocionantes y llenas de contenido.

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«¿Qué soy para ti?». Y es que si ya de por sí la propuesta es lo suficientemente interesante en su proposición esencial, Audiard consigue bailar entre drama, romance, thriller y retrato social con una asombrosa y adictiva facilidad. Porque dirige tan bien, de un modo tan consciente y coherente con su estructura y estilo artístico que es imposible apartar la mirada de esta tragedia acerca de los caminos de la felicidad, de las fracturas físicas y emocionales, de la madurez forzosa y sus responsabilidades obligadas e incluso del desamparo de la clase media en la Europa más desarrollada. Todo a la vez, y nada sobra, nada redunda.

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El mimo del realizador a la hora de tratar a sus personajes ─sin condescendencia ninguna, cuidado─ convierte al Ali de un espectacular Matthias Schoenaerts en verdadero tótem en torno al que giran todos los acontecimientos en la película, con una gran Marion Cotillard ─extremadamente madura, en el que quizá sea el mejor trabajo de su carrera─ como (inesperada) columna de apoyo esencial. Al cine le gusta contarnos que cuando nos caemos tenemos que volver a levantarnos. “De óxido y hueso” nos dice que hay que pelear desde el suelo, desde el mismo espíritu que convierte el día a día en el triunfo de lo pragmático sin renunciar a la visceralidad de lo brutalmente emocional.

rouill et os 6José Arce

SYNOPSIS : Ça commence dans le Nord. Ali doit s’occuper de son fils, Sam, 5 ans, qu’il connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance.Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions.rouill et os 8

Critique : C’est drôle : depuis De battre mon coeur s’est arrêté et Un prophète, Jacques Audiard est devenu le symbole du classicisme à la française. Il suffit pourtant, au début de De rouille et d’os, de regarder avancer, sur une route, dans une rue, un géant et un « nain », Goliath et David, un père et son fils, pour se sentir ailleurs. Dans cette Amérique qu’il poursuit de film en film comme un idéal. Ou dans un continent lointain — l’Asie — dont il apprécie tant le cinéma. Ailleurs, en tout cas.rouill et os 10

C’est dans le sud de la France, pourtant, que débarquent le colosse et le gamin. Ali (Matthias Schoenaerts, révélé par Bullhead et, une fois encore, étonnant) est un grand corps au coeur doux. Pas tout à fait le Lennie de Des souris et des hommes de Steinbeck — comme l’était Mathieu Kassovitz dans Regarde les hommes tomber —, mais il y a de ça. Ce bloc de testostérone fascine visiblement Jacques Audiard autant qu’il le révulse. Dans nombre de ses films, d’ailleurs, il aura mis en scène des hommes aux relations ambiguës, entre amitié trouble et homosexualité inavouée.rouill et os 11

Ali est une force brute. Il boxe comme il baise et il baise comme il boxe : avec vigueur et simplicité. Quand il la sent au-delà du désespoir, il propose gentiment à Stéphanie de coucher avec lui. Ni par amour, ni par pitié. Par hygiène. Pour la rassurer sur elle-même. Chaque fois qu’elle le sollicitera, plus tard, il sera d’accord, à condition d’être « opé », comme il dit. « Opérationnel », s’entend. Mais dès qu’elle lui demande autre chose — de l’attention et, pourquoi pas de la tendresse —, il ne comprend pas : « opé », il est « opé », qu’est-ce qu’il pourrait être de plus ? Comme tous les mecs, chez Jacques Audiard, Ali est à terre sans s’être vu tomber.

Stéphanie l’est aussi, mais elle, au moins, elle le sait. Elle travaillait, comme tous les jours, au Marineland du coin, comme tous les jours, ses orques lui obéissaient au doigt et à l’oeil. Elle s’était réveillée dans une chambre d’hôpital après l’accident. Sans ses deux jambes… Depuis, entre désespoir et lassitude (Marion Cotillard exprime ces sentiments avec une grâce de star à l’ancienne, à la Garbo), elle marche, un peu comme Robocop, sur des prothèses qu’elle exhibe, parfois, comme un défi.rouill et os 2

Le plus séduisant, chez Jacques Audiard, c’est son audace. Son insolence tranquille. Les scènes les plus casse-gueule, il les affronte, il les impose : Ali porte dans ses bras Stéphanie jusqu’à la mer et la ramène sur ses épaules, moignons bien visibles, devant des vacanciers médusés. Sans oublier le moment, gênant et doux, où le fils d’Ali effleure à plusieurs reprises les prothèses de Stéphanie et lui demande, tout craintif, si « ça fait mal »… Tout cela est délicat, complexe, intense. Mais un peu froid, aussi, par moments, comme si le réalisateur tenait à maintenir entre ses personnages et lui, entre lui et nous, une distance. Une protection contre l’émotion facile. Chez lui, la pudeur rivalise avec la rigueur : chaque mot, chaque son, chaque mouvement de caméra reflètent un univers qu’il a pensé, voulu et qu’il prétend maîtriser jusqu’au moindre détail.rouill et os 1

Sa seule faiblesse, il l’a expliquée, un jour, après la sortie de De battre mon coeur s’est arrêté : « Dès que je changeais de point de vue, dès que je m’attachais à un autre personnage que le héros, ça ne marchait pas. Je me suis donc mis à le suivre, à le coller, à le pister en permanence. » Peut-être parce que son scénario mêle plusieurs nouvelles (superbes, d’ailleurs) du romancier Craig Davidson, Audiard, une fois encore, n’a pas résisté aux personnages secondaires : le sale type dont le matériel électronique espionne employés et ouvriers. La sœur du herois qui, pour nourrir les siens, rapporte du supermarché où elle est caissière des produits tout juste périmés…

Ils apportent, certes, un brin de réalisme social à ce huis clos hors du temps, mais on s’en fiche un peu. Comme dans les grands films hollywoodiens d’hier (John Huston) et d’aujourd’hui (Clint Eastwood), c’est le sort des héros qui passionne. Audiard est grand dès lors qu’il suit à la trace les corps blessés de ses deux paumés. Quand il observe Marion Cotillard, perchée sur ses fausses guibolles, se métamorphoser soudain en improbable manager de combats illicites. Et quand il traque Matthias Schoenaerts, un goût de sang, « de rouille et d’os » aux lèvres, qui brise la glace à coups de poing, pour, enfin, devenir humain. Dans le noir, on entend son premier « je t’aime ». Et ce chuchotement ressemble à une naissance.

MES DEL CINEMA FRANCÈS del 30 de setembre al 24 d’octubre 2013

A l’Alliance Française les lundis à 20h00, entrée gratuite – 

A l’Alliance Française els dilluns a les 20h, entrada gratuïta

 

DILLUNS 30 DE SETEMBRE A LES 8 DEL VESPRE

  • LOUISE WIMMER de Cyril Mennegun (1h20 – 2012)120x160 L Wimmer 10-11

Synopsis : Après une séparation douloureuse, Louise Wimmer, à la veille de ses cinquante ans, vit dans sa voiture, attendant de trouver un appartement pour repartir de zéro. Entre le découragement et l’espoir, elle cherche comment reconquérir sa vie… Le film-révélation de 2012 : un premier long-métrage très fort où s’affirme le style d’un jeune cinéaste et la découverte d’une actrice hors normes.

Critique : Une femme, la nuit, pleure au volant. De l’autoradio sortent les notes rageuses d’un blues de Nina Simone. Elle se gare sur une aire d’autoroute. Elle restera là jusqu’au petit matin. Depuis des mois, Louise, presque 50 ans, dort dans sa voiture. Elle est du genre rugueux, cette grande tige à la voix éraillée par le tabac. Sourire ? Pour quoi faire, quand on passe ses nuits enroulée dans un plaid à l’arrière d’un break et qu’on bosse comme femme de ménage dans un hôtel ? Louise n’a aucune raison d’être aimable. Pas même avec l’employée des services sociaux qui, depuis six mois, doit lui trouver un appartement…

Ce premier film en dit long sur la précarité d’aujourd’hui. Se laver où l’on peut, se changer sur un parking, manger à l’œil à la cafétéria, siphonner de l’essence en plein milieu de la nuit quand les autres sont bien au chaud : autant d’humiliations et de systèmes D que Cyril Mennegun peint avec le détail juste, sans misérabilisme. Etre précaire, c’est tenir le coup, ne pas lâcher, pour ne pas tomber plus bas. Alors, quand la voiture de Louise refuse de démarrer… Que reste-t-il quand on a dégringolé ? La dignité. Et la solidarité naturelle de gens simples. Une patronne de bistrot, un pote de PMU serviable qui ne posent pas de questions… Le réalisateur ne donne que quelques indices sur le passé de Louise. Grâce à une jolie scène où elle « emprunte » une robe noire, des bijoux et du maquillage, on comprend la femme séduisante et aisée qu’elle a été.

Elle encaisse, Louise. Avec, toujours, le blues de Nina Simone en fond sonore. Elle finira par s’en débarrasser, après une véritable scène de transe à laquelle Corinne Masiero donne toute sa force. Cette comédienne est une révélation, à la fois solide comme un roc et fissurée de partout. A la fin, Louise lève la tête, et, de l’autoradio, cette fois, sort un tube planant des années 60. Une chanson sur une femme qui en a bavé, et qui finit par ces mots : « La course est presque gagnée… »

Sinopsi: Descriu a una dona, Lluïsa, que amb gairebé 50 anys d’edat, resisteix al marge de la societat per preservar les aparences i intentar tirar endavant després d’una ruptura que la va deixar sense domicili, sense diners i sense família. 

Critica: En pocas ocasiones, los escasos 80 minutos de una película, además ópera prima, parecen acompañar con tal perfección la triste actualidad económica que nos amenaza. El vía crucis de esta mujer, sin pasado aparente y casi sin futuro probable, como cualquiera de las personas que nos rodea, no puede plasmar mejor la angustia de la situación actual.

Corinne Masiero, espléndida como protagonista, encarna a esta mujer que lo ha perdido todo. Poco a poco iremos descubriendo que se gana la vida como puede, durmiendo en su coche desde hace seis meses, en espera de que la asistencia social le encuentre un hueco en algún edificio. No le queda nada, salvo lo más importante y lo único imprescindible, la fuerza de seguir luchando día a día y una dignidad, propia de una heroína griega, con la suficiente entereza para no caer en la desesperación total. (…)
Si frente a las “dictaduras árabes” aparecen innumerables países voluntarios para derrocarlas y restituir la democracia armados hasta los dientes (luego dejan todo su equipamiento militar que suele ser utilizado por la próxima dictadura), resulta sorprendente lo poco enérgicos que se han mostrado hasta ahora la totalidad de gobiernos mundiales frente a la dictadura de las finanzas, que no duda en instaurar tecnócratas al frente del país que más le conviene (Italia, hoy, es el primer ejemplo de golpe de estado financiero).
Louise Wimmer es el resultado de los efectos de esta dictadura. Un caso particular frente a la generalidad de una situación que se demarra a una velocidad espeluznante. Su director, Cyril Mennegun, con este ejemplo perfecto ha sabido conquistar galardones y haber sido seleccionado en los festivales de medio mundo (Zurich, mención especial) porque la resonancia de la historia siempre parte de una situación personal y los espectadores van más allá de su anécdota.
¿Y qué hace Louise Wimmer? No resignarse y continuar luchando a su nivel, cada día, cada minuto de su existencia. No creo en la revolución, en su sentido, de cambio violento, sino en su acepción de revolver (cambiar el orden establecido) o revolverse (dirigirse hacia otra dirección). Como en la canción de Nina Simone tengo la sensación de que vamos hacia el diablo que nos está esperando.
Frente a la miseria de la situación de Louise Wimmer se podía esperar un trágico final. Y no. No es así. La protagonista ha sabido revolverse en su situación y el final se ilumina con un halo de esperanza. Pequeña, pero esperanza, al fin y al cabo. Ha sabido aguantar y luchar porque conocía a su enemigo: ella misma.

Avec : Corinne Masiero , Jérôme Kircher , Anne Benoît .

DILLUNS 7 D’OCUTBRE A LES 8 DEL VESPRE

  • PLUS TARD TU COMPRENDRAS de Amos Gitaï (1h28 – 2009)

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Synopsis : Alors que débute le procès de Klaus Barbie, à la veille de la mort de sa mère, Victor rompt le silenci qu’elle a gardé sur la déportation de ses parents et renoue avec ses origines juives. Au-delà de l’évocation de la Shoah et de l’histoire personnelle de Jérôme Clément, ce film reflète l’universalité des rapports mère-fils.

Critique : Projet inhabituel dans la filmographie d’Amos Gitai, ce nouveau film est adapté du livre de Jérôme Clément (président d’Arte et écrivain), qui raconte l’histoire de sa famille – une histoire tout à fait singulière et douloureuse. Ses grands-parents maternels et juifs furent déportés pendant la guerre et leur appartement parisien fut “occupé” par ses grands-parents paternels non-juifs. La judéité de la branche maternelle et cette effarante spoliation interfamiliale ne lui furent révélées que des dizaines d’années plus tard.

Plus tard, tu comprendras n’est pas vraiment un film “sur” la Shoah mais plutôt sur ses traces dans le présent et sur la façon dont cette histoire se transmet (ou pas) au plan intime et familial. Le film est presque entièrement contemporain, à l’exception de la séquence de l’arrestation des grands-parents, remarquable au demeurant par son esthétique du fragment allusif : des pavés et des bottes à l’image, des cris, des mots allemands et des sons ferroviaires, cela suffit à suggérer la déportation sans avoir recours aux pénibles reconstitutions déjà mille fois vues. Mais tout le film est travaillé par ce principe du non-dit, du silence, du suggéré, de l’entre-image et de l’entre-parole, option formelle qui correspond au sujet profond du projet : le silence des anciens en réponse aux questions des descendants.

Témoin ce déjeuner où l’alter ego de fiction de Jérôme Clément (Hippolyte Girardot) pose des questions à sa mère (Jeanne Moreau) sur le passé : celle-ci lui répond cuisson du rôti et des haricots verts. Le mélange de honte, de culpabilité et de douleur qui peut aboutir au silence des survivants de cette période est remarquablement saisi, avec une belle économie de moyens. Parfois, la parole se libère, mais seulement à l’étage de la génération d’après, entre Girardot et sa sœur (Dominique Blanc), qui ferraillent sur le degré de culpabilité de leurs ascendants paternels. Autre séquence magnifique, la visite aux archives de la Commission de dédommagements résultant des spoliations, avec ses dialogues quasi surréalistes de froideur comptable, ses lents travellings dans des couloirs sombres et circulaires : à deux pas de la tour Eiffel, fier visage éternel de Paris, ce lieu est comme un boyau dans lequel la Ville lumière stocke la part nauséabonde de son passé.

Tout aussi intelligente et délicate est la direction d’acteurs : Jeanne Moreau se “contente” quasiment d’être elle-même devant la caméra tandis qu’Hippolyte Girardot est dans la posture de l’enquêteur incertain qui tente de reconstituer un puzzle forcément incomplet. La seule fausse note du film intervient dans la scène de la synagogue, quand le personnage joué par Moreau révèle sa judéité à ses petits-enfants, leur confie son étoile jaune et leur transmet une leçon d’antiracisme : si l’obligation de sauter une génération pour libérer la parole est une observation juste, le dialogue pèche par un excès de bavardage explicite, alors que tout le film séduit justement par son registre implicite.

L’assassinat de six millions d’êtres humains a créé une béance dans la grande histoire, dans les récits familiaux et dans la transmission intergénérationnelle. Film plein d’ellipses significatives et de non-dits parlants, généreusement ouvert aux pensées de chaque spectateur, Plus tard, tu comprendras donne à ce motif de la béance une forme discrètement virtuose et subtilement émouvante.

Sinopsi: L’anciana Madame Gornick dóna voltes pel seu apartament escoltant un programa de televisió sobre el judici del nazi Klaus Barbie. Mentrestant, el seu fill Víctor intenta recopilar la història de la família a través de fotos, cartes i records.

Avec: Jeanne Moreau, Hippolyte Girardot, Dominique Blanc

 DILLUNS 14 D’OCUTBRE A LES 8 DEL VESPRE

  • LES CHANSONS D’AMOUR de Cristophe Honoré (1h40 – 2007)

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Synopsis : Un homme, deux femmes ; deux hommes ; plus de femme, Paris où pleurent les chansons et chantent les amours. Le chassé-croisé des sentiments. La nuit, le jour. “Les chan… les chan… les chan-sons d’a-mour finissent maaaal… en gé-né-ral…” Mais pas toujours. Pas forcément. Heureusement.

Sinopsi: Totes les cançons d’amor parlen del mateix: ‘Hi ha massa gent que t’estima’ … ‘No podria viure sense tu’ … ‘Sorry Angel’ … Les cançons d’amor també conten aquesta història.

Critique : Cela faisait plusieurs années que Christophe Honoré, enfant terrible et crâneur, doué en tout (écrivain, critique, cinéaste, etc.), promettait sans convaincre totalement. Le brio dessert parfois. Il a fallu attendre Dans Paris (2006) pour qu’Honoré fasse la différence. Aujourd’hui, avec Les Chansons d’amour, il offre le meilleur de lui-même, et ce qu’il a toujours voulu atteindre : une forme de légèreté pop qui permette de dire l’amour et le sexe, la famille et le deuil, sans céder au pathos. La comédie musicale, Honoré tournait autour depuis 17 fois Cécile Cassard, où Romain Duris reprenait une chanson d’un film de Jacques Demy, Lola. On pense de nouveau à Demy ici, modèle français inégalé, intimidant, mais pas pour Honoré, qui perpétue sans complexe le genre en lui apportant du sang neuf. C’est dans le lit conjugal de la belle Julie (Ludivine Sagnier) et du beau Ismaël (Louis Garrel) que s’invite la première note de fantaisie. Elle s’appelle Alice (Clotilde Hesme) et rejoint avec naturel les tourtereaux sous les draps. Chacun est sagement couché, un livre à la main. Un clin d’oeil à Dans Paris et, avant lui, aux vieux films de Godard ou Truffaut. Mais cette fois Christophe Honoré pimente le badinage, l’amour se fait à trois. Un chassé-croisé cocasse s’improvise sous l’édredon où chacun tente de trouver sa place, la plus érotique qui soit. Manège osé et plein d’insouciance à la fois, où Honoré s’amuse à chambouler les codes du cinéma et les combinaisons de la chair. L’amour libre, comme on disait naguère ? Pas tout à fait. Plutôt l’amour sans tabous, mais avec de nouvelles règles, de nouvelles formes de cinéma, d’abord fondées sur le jeu. Car sans jeu, point de jeunesse. Ce couple-là, Honoré y tient et le soigne jusqu’au bout. L’élan, la pirouette, le ping-pong verbal animent la plupart des chansons du film, dialogues vifs et espiègles à deux ou à trois pour des jeux tour à tour galants, cruels, vicieux (« du bout de ta langue/nettoie-moi partout ») ou mélancoliques. Un dimanche de la vie, c’est toute la famille de Julie réunie au complet autour de la galette des Rois qui se lance dans une complainte magnifique sur la pluie qui tombe à Paris. Premier temps fort musical où le film décolle, prend de la hauteur. Les paroles circulent, limpides. La grâce est déjà là. Une grâce bientôt rompue par un drame. Soudain et glaçant. Sur le deuil et la difficulté de le surmonter, Honoré a déjà beaucoup donné, faisant de ce thème le point d’ancrage de toute son oeuvre, cinématographique comme littéraire. On pourrait lui reprocher, s’il n’avait pas ici même parachevé son geste avec le concours précieux d’Alex Beaupain, auteur-compositeur du film. Il faut beaucoup de tact pour une telle alchimie. Beaupain en a : sa musique est une ligne claire, fine sans être maniérée. Les chansons font corps avec les acteurs, leur timbre est fébrile. Ronde cristalline ou marche obsédante, à chaque fois la voix est en avant et avec elle les soupirs, les murmures, le parler-chanter, dans une lignée qui va de Dominique A à Jean-Louis Murat, en passant par Daniel Darc. Dans cet univers enchanteur, les filles ont la beauté de fées sexuées, blondes, brunes ou fauves. Les garçons, celle d’anges sensuels. Tous les acteurs sans exception, jeunes ou moins jeunes, semblent touchés par la grâce. Mais c’est indéniablement Louis Garrel le plus bluffant. Très bon dans le chant comme dans la pantomime façon cinéma muet, virevoltant ou las, il révèle ici une gamme très variée de sentiments et de sensations. Un peu danseur, un peu acrobate, il joue divinement avec les lois de la gravité, sait être léger comme une plume, mais sait aussi peser et porter sur son dos un fardeau écrasant de douleur. Un Léaud des temps modernes. On pense de fait beaucoup à la Nouvelle Vague, mais entre autres : Les Chansons d’amour procure la même impression troublante qu’un palimpseste, un mille-feuille de réminiscences musicales et cinématographiques. Pour autant, Honoré ne se retourne pas vers le passé, il s’inscrit bien dans le Paris métissé d’aujourd’hui, un Paris d’hiver, de brume et de gel. Un Paris documentaire (on y entraperçoit même, au détour d’une affiche, Sarko la menace !), filmé une fois encore de façon très sensible. La vitalité est bien le principe directeur de ce film intemporel et très actuel à la fois, traversé par la mort, mais qui refuse justement tout ce qui lui est associé, de la peur à la résignation. Voilà un hymne à tous les possibles, qui propose diverses manières de vivre ensemble à deux, à trois, en famille, en société, entre homos et hétéros. Il compte large. Comme un film populaire.

Avec : Louis Garrel, Ludivine Sagnier, Chiara Mastroianni

 DILLUNS 21 D’OCUTBRE A LES 8 DEL VESPRE

  • LA FAMILLE WOLBERG de Axelle Ropert (1h20 – 2009)

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Synopsis : Il est capable de faire un discours étonnant sur la soul américaine à des écoliers éberlués, de se mêler de la vie privée de ses concitoyens, ou encore de faire jurer à sa fille de 18 ans que jamais, au grand jamais, elle ne quittera la maison familiale. C’est Simon Wolberg, maire d’une petite ville de province, amoureux fou de sa femme, père envahissant et fils provocateur ! C’est l’obsession de la famille qui porte cet homme. Qui le pousse à mettre à l’épreuve ces liens, à en vérifier la force et la fragilité.

Sinopsi: Simon és alcalde i pare de família. Carismàtic i carregós, va de la poesia més sublim a ficar-se on no el demanen. Opressiu per als seus fills, Delphine i Benjamin, i per la seva dona, a qui adora i no deixa viure, i per al seu pare vidu, desaprovant que refaci la seva vida.

Avec : François Damiens, Valérie Benguigui, Valentin Vigourt

Al Cinema Imperial les jeudis à 20h et 22h30 sauf session unique à 21h

(gratuit pour les amis de l’AF)

Al Cinema Imperial els dijous a les 20h i a les 22h30 menys sessió única a les 21h

(gratuit per els amics de l’AF)

 

DIJOUS 3 D’OCUTBRE A LES 8 DEL VESPRE I A LES 22H30

  • LE PÈRE DE MES ENFANTS de Mia Hansen-Løve (1h50 – 2009)

Le pere de mes enfants

SYNOPSIS : Grégoire Canvel a tout pour lui. Une femme qu’il aime, trois enfants délicieuses, un métier qui le passionne. Il est producteur de films. Avec sa prestance et son charisme exceptionnel, Grégoire force l’admiration. Pourtant sa prestigieuse société de production est chancelante. Mais Grégoire veut continuer d’avancer, coûte que coûte. Jusqu’où cette fuite en avant le conduira-t-il ?

Sinopsi: Grégoire Canvel té tot el que es pot desitjar: una esposa a qui estima, tres filles encantadores i una interessant feina com a productor de cinema, a la qual dedica gairebé tot el seu temps i esforç.

Avec : Chiara Caselli , Louis-Do De Lencquensaing , Alice de Lencquesaing

DIJOUS 10 D’OCUTBRE A LES 8 DEL VESPRE I A LES 22H30

  • SKYLAB de Julie Delpy (1h53 – 2011)

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SYNOPSIS : En juillet 1979, la petite Albertine, 10 ans, accompagnée de ses parents, Jean et Anna, et de mémé, sa grand-mère maternelle, s’en va fêter l’anniversaire de son autre aïeule, Mamie, dans sa maison bretonne. Toute la famille s’est réunie pour l’occasion. Il y a Loulou et Clémentine, Monique et Gustavo, toujours gais, Fredo et Linette, nettement plus renfrognés, Roger, qui ne dit rien, Micheline, sa femme, Suzette et Joseph. Les adultes parlent beaucoup d’un satellite qui menace de finir sa course sur la Bretagne. Et s’il tombait dans le jardin ? Le déjeuner est alerte et joyeux, l’après-midi à la plage reste réjouissant, le dîner réveille les discussions et les dissensions politiques…

Critique : Mamie fête son anniversaire, et ça va faire une jolie comédie, c’est Julie Delpy qui invite. Qu’elle marche dans les pas de Woody Allen (2 Days in Paris) ou choisisse le film en costumes (La Comtesse), cette actrice-cinéaste a de l’originalité et de l’esprit. Avec Le Skylab, elle brode sur les souvenirs personnels d’un jour d’été en Bretagne, en 1979.

La petite Julie est rebaptisée Albertine et sa maman est jouée par la Delpy d’aujourd’hui. Chez mamie, c’est un nid de cousins, d’oncles et de tantes, pas spécialement versés dans la culture. On met la table sur la pelouse. Une averse, on rentre. Le soleil revient, on ressort. Le récit se construit au gré des réjouissances, en toute simplicité. C’est un vrai pari : tout prendre de ce jour de fête, ses hauts, ses bas, ses à-côtés, ses joies programmées et ses bonheurs inattendus, parce que ce grand fourre-tout, c’est la vie.

Filmant sans manières, Julie Delpy a l’oeil partout et fait une place à tous, tonton fasciste, maman féministe, copains nudistes… Ce « big bazar » aurait pu être tonitruant, il a une douceur nostalgique et la fraîcheur des instantanés. Et le Skylab ? C’est une station spatiale américaine qui menace de se désintégrer sur l’ouest de la France. Juste un engin en suspens qui signe la modestie revendiquée de cette comédie : Albertine et son temps retrouvé, c’est juste un moment de vie suspendue.

Sinopsi: Durant un viatge amb el seu marit i els seus fills, Albertine recorda el viatge que va fer a Bretanya, quan tenia deu anys, per assistir a la celebració de l’aniversari de la seva àvia a casa de la seva tia Suzette.

Critica: Julie Delpy cridant a la Terra des del planeta Memòria

L’Skylab va ser la primera estació espacial nord-americana que va girar al voltant de la Terra. Una missió molt exitosa que des de l’any 2011 també dóna nom a la quarta pel·lícula dirigida per l’aparentment angèlica Julie Delpy. Dolça aparença com la d’aquest lluminós film, molt més complex si recordem que rere l’ampli i sempre joiós somriure de la francesa s’amaga un sentit de l’humor punyent i, sovint, un pèl macabre.

L’espai triat per aquesta obra coral és la campagne francesa, el marc de tantes i tantes obres mestres del cinema francès. Però ni Renoir ni Bresson l’haguessin pensat com ho ha fet ella: amb Born to be alive de fons i Les Anarchistes de Ferré repicant encara. L’excusa de la trobada: una visita familiar estiuenca que reuneix a la mateixa taula unes quantes generacions i maneres de veure el món ben diferents. Formes de pensar intransferibles que impacten una vegada i una altra, des de l’irreverent oncle que canta La Ballade des genes Hereux fins la jove Albertine d’onze anys i la seva peculiar descoberta de l’amor.

El fil conductor que sobrevola aquest estiu són els explosius efectes que pot tenir la reentrada a l’atmosfera de l’estació espacial l’any 1979. La matèria primera no cal buscar-la gaire lluny, la directora l’extreu de la seva pròpia memòria, dels records d’aquells dies a la Bretanya. Fregant de forma tangencial l’espera de la fi del món imaginada per Lars von Trier, la també actriu i cantant Delpy demostra poca melancholia i sí molta mordacitat. Fa seus els ideals revolucionaris i igualitaris de la mare a la qual interpreta, i els defensa peti qui peti. Per alguna cosa admet la seva herència, que “em van educar com un animal salvatge”.

Le Skylab va plena de situacions absurdes que sempre amaguen, si un vol buscar-hi, una certa paràbola sobre la transició de la infantesa a l’adolescència, dels ideals a la realitat que s’imposa. Sense cap trama complicada al darrere, l’esforç que demana a l’espectador és un altre: el de deixar-se emportar per un món de riures i discussions que ens porta a les millors sobretaules d’estiu.

Francament divertida, aquesta petita estampa colorista ens retroba amb el bo i més gran de la tradició humorística que ja ve de Tati. Paradoxes hilarants que cal assaborir lentament, com les balades de Jeanne Moreau o les de Gilbert O’Sullivan. Ni trop tôt ni trop tard. Alone again, naturally.

Raquel Sánchez

Avec : Lou Alvarez , Julie Delpy , Eric Elmosnino

DIJOUS 17 D’OCUTBRE A LES 8 DEL VESPRE I A LES 22H30

  • DE ROUILLE ET D’OS de Jacques Audiard (2h00 – 2012)

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SYNOPSIS : Ça commence dans le Nord. Ali doit s’occuper de son fils, Sam, 5 ans, qu’il connaît à peine. Sans domicile, sans argent et sans amis, Ali trouve refuge chez sa sœur à Antibes. A la suite d’une bagarre dans une boîte de nuit, son destin croise celui de Stéphanie. Il la ramène chez elle et lui laisse son téléphone. Il est pauvre ; elle est belle et pleine d’assurance.Tout les oppose. Stéphanie est dresseuse d’orques au Marineland. Il faudra que le spectacle tourne au drame pour qu’un coup de téléphone dans la nuit les réunisse à nouveau. Quand Ali la retrouve, la princesse est tassée dans un fauteuil roulant : elle a perdu ses jambes et pas mal d’illusions.

Sinopsi: De sobte, Alí ha de fer-se càrrec del seu fill Sam, un nen de cinc anys a qui amb prou feines coneix. Ja que no té casa, ni diners, ni amics, es refugia a Antíbol, a casa de la seva germana.

Avec : Marion Cotillard, Matthias Schoenaerts, Armand Verdure

DIJOUS 24 D’OCUTBRE A LES 9 DEL VESPRE

  • L’APOLLONIDE de Bertrand Bonello (2h02 – 2011)

l'apollonide poster

SYNOPSIS : A la charnière entre le XIXe et le XXe siècle, la vie d’une maison close à Paris. Marie-France gère sa pension tout en sachant qu’une future réglementation mettra fin à son activité et à celles de ses filles. L’une des pensionnaires est défigurée au couteau par un client sadique. Elle devient bientôt une attraction pour certains hommes, qui veulent découvrir son «sourire» tracé par la lame. On suit également les parcours, souvent tragiques, parfois joyeux, de Clothilde, Julie, Samira, ou encore Léa. Objets de fascination, des fantasmes ou parfois de la tendresse de leurs clients, les jeunes femmes circulent dans un univers qui ne sera bientôt plus qu’un souvenir…

Sinopsi: Ambientada en un bordell a París, principis del segle XIX. Un home desfigura el rostre d’una prostituta. La cicatriu resultant dibuixa a la seva cara un somriure tràgic que la marcarà per a tota la vida.

Avec : Hafsia Herzi, Céline Sallette, Jasmine Trinca

ELS DILLUNS DEL CINEMA EN VOS

DILLUNS 3 DE DESEMBRE A LES 20.00 h, entrada lliure, aforament limitat

 

La môme d’Olivier Dahan

Amb: Marion Cotillard, Sylvie Testud i Pascal Greggory

 

SINOPSIS: Des de la infància a la glòria, des de les victòries a les ferides (la mort del seu amant Marcel Cerdan) de Belleville à Nova York, l’excepcional trajecte d’Edith Piaf. A través d’un destí més increïble que una novel·la, descobriu l’ànima d’una artista i el cor d’una dona… en aquest film que va guanyar Cèsar i Òscar a la millor actriu per a Marion Cotillard.

CRÍTICA: Aquest biopic de “La Môme”, d’Edith Piaf, ens proposa trobar-nos amb un mite, una icona que va marcar el món de la cançó contemporània. La seva força de convicció, la seva fe en l’amor i en la cançó… De costat de la Piaf en decadència (lliurada als excessos, alcohòlica i toxicòmana), trobem la Piaf que estima, a l’ésser humà.

El film d’Olivier Dahan va i ve, saltant-se la cronologia per a mostrar-nos alguns flaixos d’aquest retrat, una visió dels moments que van compondre aquesta vida i que toquen el cor i les entranyes de l’espectador, tot dibuixant un ambient, una silueta d’aquesta gran de la cançó.

Comptant amb la veu autèntica de Piaf en les melodies, ens trobem alhora una interpretació fabulosa de Marion Cotillard, que li va suposar el premi Cèsar i l’Òscar a la millor actriu. Cotillard s’ofereix en cos i ànima a l’hora d’encarnar Piaf i, no contentant-se amb assemblar-s’hi, ens transporta a través de les paraules, dels gestos i fins i tot dels trets físics fins al més profund de les decepcions i la bogeria que acompanyaren els moments de solitud absoluta.

SYNOPSIS : De son enfance à la gloire, de ses victoires à ses blessures (la mort de son amant Marcel Cerdan), de Belleville à New York, l’exceptionnel parcours d’Edith Piaf. A travers un destin plus incroyable qu’un roman, découvrez l’âme d’une artiste et le coeur d’une femme… César et oscar de la meilleure actrice pour Marion Cotillard.

CRITIQUE : “Un grand film d’amour, musical, populaire, tragique et romanesque. Un sujet français, un film international, un grand film sur Piaf.” C’est en ces quelques mots qu’Olivier Dahan a vendu La Môme à son producteur, Ilan Goldman (1492, Christophe Colomb ; Les rivières pourpres 2). C’était en janvier 2004. Trois ans après, force est de constater qu’il a amplement réussi son pari. Sa Môme est à la mesure de son héroïne : immense. La raison en est aussi simple qu’audacieuse. Plutôt qu’une biographie sage, chronologique comme un chemin de croix ponctué de stations incontournables, Dahan a choisi de faire un film bouillonnant, flamboyant, parfois même onirique. En mélangeant les époques, en réinterprétant certains épisodes trop connus de la vie de la chanteuse, sans jamais appuyer les détails, le réalisateur brosse le surprenant et déchirant portrait d’une artiste que l’on croyait connaître. Son entreprise repose sur une comédienne, Marion Cotillard, tout simplement géniale. Au-delà de la ressemblance, de la gestuelle, de la qualité de ses play-back, de son travail sur la voix, il y a son regard. Vaste, intense, enfantin, dans lequel on peut lire, en une fraction de seconde, toute la joie ou toute la misère du monde. Ce dont Piaf était faite. À tous les âges où elle l’incarne, que ce soit la Môme, jeune chanteuse de rue, Édith la femme amoureuse de Marcel Cerdan, ou Piaf la star prête à mourir sur scène, Marion Cotillard est exceptionnelle. Elle est, de plus, entourée par un casting de comédiens magnifiques, qui donnent tous l’impression d’être réellement face à la Môme.  

Video (en castellà) : http://www.sensacine.com/peliculas/pelicula-59578/trailer-19374742/

DILLUNS DE CINEMA EN VOS·DESEMBRE 2012


DILLUNS 3 DE DESEMBRE A LES 20.00 h

 


La môme d’Olivier Dahan

Amb: Marion Cotillard, Sylvie Testud i Pascal Greggory

 SINOPSIS: Des de la infància a la glòria, des de les victòries a les ferides (la mort del seu amant Marcel Cerdan) de Belleville à Nova York, l’excepcional trajecte d’Edith Piaf. A través d’un destí més increïble que una novel·la, descobriu l’ànima d’una artista i el cor d’una dona… en aquest film que va guanyar Cèsar i Òscar a la millor actriu per a Marion Cotillard.

CRÍTICA: Aquest biopic de “La Môme”, d’Edith Piaf, ens proposa trobar-nos amb un mite, una icona que va marcar el món de la cançó contemporània. La seva força de convicció, la seva fe en l’amor i en la cançó… De costat de la Piaf en decadència (lliurada als excessos, alcohòlica i toxicòmana), trobem la Piaf que estima, a l’ésser humà.

El film d’Olivier Dahan va i ve, saltant-se la cronologia per a mostrar-nos alguns flaixos d’aquest retrat, una visió dels moments que van compondre aquesta vida i que toquen el cor i les entranyes de l’espectador, tot dibuixant un ambient, una silueta d’aquesta gran de la cançó.

Comptant amb la veu autèntica de Piaf en les melodies, ens trobem alhora una interpretació fabulosa de Marion Cotillard, que li va suposar el premi Cèsar i l’Òscar a la millor actriu. Cotillard s’ofereix en cos i ànima a l’hora d’encarnar Piaf i, no contentant-se amb assemblar-s’hi, ens transporta a través de les paraules, dels gestos i fins i tot dels trets físics fins al més profund de les decepcions i la bogeria que acompanyaren els moments de solitud absoluta.

SYNOPSIS : De son enfance à la gloire, de ses victoires à ses blessures (la mort de son amant Marcel Cerdan), de Belleville à New York, l’exceptionnel parcours d’Edith Piaf. A travers un destin plus incroyable qu’un roman, découvrez l’âme d’une artiste et le coeur d’une femme… César et oscar de la meilleure actrice pour Marion Cotillard.

CRITIQUE : “Un grand film d’amour, musical, populaire, tragique et romanesque. Un sujet français, un film international, un grand film sur Piaf.” C’est en ces quelques mots qu’Olivier Dahan a vendu La Môme à son producteur, Ilan Goldman (1492, Christophe Colomb ; Les rivières pourpres 2). C’était en janvier 2004. Trois ans après, force est de constater qu’il a amplement réussi son pari. Sa Môme est à la mesure de son héroïne : immense. La raison en est aussi simple qu’audacieuse. Plutôt qu’une biographie sage, chronologique comme un chemin de croix ponctué de stations incontournables, Dahan a choisi de faire un film bouillonnant, flamboyant, parfois même onirique. En mélangeant les époques, en réinterprétant certains épisodes trop connus de la vie de la chanteuse, sans jamais appuyer les détails, le réalisateur brosse le surprenant et déchirant portrait d’une artiste que l’on croyait connaître. Son entreprise repose sur une comédienne, Marion Cotillard, tout simplement géniale. Au-delà de la ressemblance, de la gestuelle, de la qualité de ses play-back, de son travail sur la voix, il y a son regard. Vaste, intense, enfantin, dans lequel on peut lire, en une fraction de seconde, toute la joie ou toute la misère du monde. Ce dont Piaf était faite. À tous les âges où elle l’incarne, que ce soit la Môme, jeune chanteuse de rue, Édith la femme amoureuse de Marcel Cerdan, ou Piaf la star prête à mourir sur scène, Marion Cotillard est exceptionnelle. Elle est, de plus, entourée par un casting de comédiens magnifiques, qui donnent tous l’impression d’être réellement face à la Môme.

Video (en castellà) : http://www.sensacine.com/peliculas/pelicula-59578/trailer-19374742/

DILLUNS 10 DE DESEMBRE A LES 20.00 h

 

INCENDIES de Denis Villeneuve

Amb: Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette, Rémy Girard

SINOPSIS: Quan el notari Lebel llegeix als bessons Jeanne i Simon el testament de la seva mare Nawal, se sorprenen perquè els fa entrega d’un sobre per al pare que creien mort; i un altre per a un germà del qual no sabien res… a l’Orient Mitjà, segueixen la pista d’una Nawal molt allunyada de la mare que han conegut.

CRÍTICA: El començament d’aquest contundent relat sobre la guerra, la memòria i el passat, ens situa en una filera de nens. En silenci, la càmera avança sobre ells, veiem uns rostres seriosos, mancats d’innocència, viscuts en els horrors de la guerra. Incendies ens parla dels de la pèrdua de la innocència, de com les guerres no s’acaben quan s’aconsegueix escapar d’elles i com aquestes situacions al límit continuen assetjant tots aquells que les van patir i que no podran oblidar-les.

Aquesta memòria que ens condemna nosaltres mateixos és un dels puntals del film, la història del qual Denis Villeneuve va trobar en una obra de teatre, un relat que l’impactà i que havia de portar al cinema. El seu film, comença a l’actualitat, al Canadà, amb la mort d’una dona que dóna unes cartes als seus fills i els informa que les han de donar al seu pare, al qual donaven per mort, i a un germà l’existència del qual desconeixien. A partir d’aquest moment, els germans emprenen un viatge al passat de la seva mare i a la recerca d’aquelles persones que formen part d’ells mateixos.

Un dels grans encerts d’aquesta història és obviar les dades cronològiques i geogràfiques per situar-nos en una universalitat que desgraciadament es fa vàlida ara i sempre. La pel·lícula està estructurada a l’estil d’una tragèdia grega clàssica, on la família juga un rol fonamental, com a eix destruït per la guerra, i on els seus components aniran coneixent la seva pròpia veritat per a ser conscients de la seva identitat, d’on vénen, qui són i, a partir d’ara, cap a on aniran.

SYNOPSIS : À la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l‘autre à un frère dont ils ignoraient l’existence. Jeanne voit dans cet énigmatique legs la clé du silence de sa mère, enfermée dans un mutisme inexpliqué les dernières semaines précédant sa mort. Elle décide immédiatement de partir au Moyen Orient exhumer le passé de cette famille dont elle ne sait presque rien… Simon, lui, n’a que faire des caprices posthumes de cette mère qui s’est toujours montrée distante. Mais son amour pour sa sœur jumelle le poussera à sillonner avec elle le pays de leurs ancêtres sur la piste d’une mère finalement méconnue. D’après la pièce éponyme de Wajdi Mouawad.

CRITIQUE : « Pour résoudre une équation, il est inutile de commencer par vouloir déterminer les inconnues. » Venue chercher de l’aide auprès du professeur de mathématiques dont elle est l’assistante, Jeanne n’obtient que ce conseil sibyllin. Quelques heures plut tôt, devant le notaire, à la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon, son frère jumeau, se sont vu remettre deux enveloppes, l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort avant leur arrivée au Canada, l’autre à un frère dont ils ignoraient jusqu’à l’existence. Pour déchiffrer cette énigme à deux inconnus, leur mère Nawal, finalement emportée par la tristesse qui la rongeait depuis des années, ne leur a laissé qu’un vieux passeport, un crucifix et une photo d’elle, jeune, avec une inscription en arabe à l’arrière-plan. Simon refuse, dans un premier temps, cet héritage effrayant, et laisse sa soeur partir seule au Moyen-Orient pour tenter de percer à jour les douloureux secrets de famille.

Le Québécois Denis Villeneuve a transformé la pièce de son compatriote Wajdi Mouawad en une enquête tendue à l’extrême, où le destin de Nawal, mère donc, mais aussi terroriste et prisonnière de guerre, s’éclaire au gré de retours en arrière à la violence fulgurante. Le pays en question n’est jamais nommé, pour mieux brouiller les pistes et les cartes, et conférer une puissance quasi mythologique au récit. On devine qu’il s’agit du Liban, mais les mêmes crimes ne se répètent-ils pas en Palestine ou en Irak ? De la scène à l’écran, les longs monologues poétiques deviennent des moments bruts, intenses. Comme cette scène où des enfants sont les cibles d’un sniper dont on constate, à la fin, qu’il est à peine plus âgé qu’eux…

Le spectateur évolue ainsi à vue, sans jamais avoir d’avance sur les jumeaux, contraint, comme eux, d’encaisser les révélations au fur et à mesure, de démêler sans cesse le vrai du faux. « A qui appartient cette armée ? » demande, telle une longue plainte lancinante, la chanson de Radiohead (You and whose army) sur des images ­d’orphelins fraîchement tondus et promis à devenir ennemis les uns des autres, selon le clan, chrétien ou musulman, qui les enrôlera en premier. Qui sont les victimes, qui sont les bourreaux ? Telle est la question que pose ce film de guerre implacable comme une tragédie grecque.

Video (en francès): http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19183990&cfilm=179349.html

DILLUNS 17 DE DESEMBRE A LES 20.00 h

 

 

Les petits ruisseaux de Pascal Rabaté

Amb: Daniel Prévost, Bulle Ogier i Philippe Nahon

 

SINOPSIS: Émile, jubilat i vidu, passa els seus dies tranquils amb sortides de pesca puntuals a les ribes del Loira i amb les discussions entre companys al bar del poble. D’altra banda, el seu amic Edmond, un altre solitari, no s’oblida de mantenir-se viu i multiplica els encontres amorosos. Quan aquest darrer mor, Émile es troba cara a cara amb sí mateix, cara a cara amb desitjos que creia oblidats.

CRÍTICA: Ja tocava tornar a veure Daniel Prévost a la gran pantalla, i en aquest cas en un paper més humà i menys esbojarrat de l’habitual. Pascal Rabaté, que s’estrena com a director traslladant al cinema una de les seves novel·les gràfiques, ens porta aquí una història autèntica, simple i humana.

Amb un to fresc i lleuger, un aspecte a destacar de la història d’Émile és la noció d’esperança que se’n desprèn. Un septuagenari, vidu i sense amics (o gairebé), es regala una segona joventut, conscient que la mort s’acosta. Se’ns expliquen, doncs, les seves quotidianitats, els seus desitjos. D’una sortida de pesca a una cita amorosa, passant per un enterrament i alguna que altra discussió… aquest és un retrat alhora social i humà.

I és que Rabaté ens porta de la petita història a la universal. De fet, no podem negar que la vida d’Émile i el seu cotxe elèctric, és sens dubte allò amb el que un dia o altre tots ens haurem de confrontar. Alguns n’haurien fet una tragèdia, però aquest director ens proposa un film amable i d’una infinita tendresa.

SYNOPSIS : Émile, retraité et veuf, coule des jours paisibles ponctués par des parties de pêche sur les bords de Loire et les discussions avec les copains au bar du village. Pendant ce temps, son camarade Edmond, lui aussi vieux gars solitaire, n’oublie pas de rester vivant et multiplie les rencontres amoureuses en toute discrétion. Quand ce dernier meurt, Émile se retrouve face à lui même, face à des envies et des désirs qu’il croyait oubliés.

CRITIQUE : Après Riad Sattouf – Les Beaux Gosses – et Joann Sfar – Gainsbourg (vie héroïque) -, Pascal Rabaté adapte fidèlement, parfois jusqu’au « copier-coller », Les Petits Ruisseaux, sa BD parue en 2006. Emile, veuf septuagénaire (Daniel Prévost, toujours juste), occupe sa retraite entre les parties de pêche sur les bords de Loire et les apéros avec les copains. Un jour, son vieil ami Edmond lui révèle qu’il rencontre des femmes de son âge par petites annonces, et pas seulement pour un thé dansant. A la mort d’Edmond, Emile se souvient à son tour qu’il a un corps, fût-il flétri. Et qu’il peut encore éprouver du désir…

A rebours de l’onirisme et des extravagances formelles d’un Joann Sfar, Rabaté opte pour une mise en scène « ligne claire », modeste et naturaliste. Au risque de paraître quelconque… Le récit, si touchant sur le papier, souffre parfois du passage à l’écran : les scènes au bistrot ressemblent à un mauvais sketch de Groland, le jeu outré de Philippe Nahon transforme le personnage d’Edmond en beauf, et la rencontre avec une communauté de néo-babas (déjà peu convaincante dans l’album) devient risible. Le film garde pourtant un vrai charme buissonnier, au rythme paisible des virées d’Emile dans sa drôle de voiturette électrique. La représentation de la sexualité des seniors ne tombe jamais dans le graveleux ou le ridicule. Et Rabaté réussit de jolies scènes sur la solitude du troisième âge, à l’image du bal où Emile se retrouve l’objet de tous les regards. Et pour cause : il est le seul homme de l’assistance…

Video (en francès): http://www.allocine.fr/video/player_gen_cmedia=19116050&cfilm=170405.html